Roland-Garros (Hommes)

Rafael Nadal : «Si on m'avait dit ça il y a sept ou huit ans, j'aurais dit que c'était impossible»

Deux heures après avoir décroché un onzième sacre à Roland-Garros, Rafael Nadal a tenté de saisir l'ampleur de ce qu'il venait d'accomplir. Avec 17 titres du Grand Chelem au compteur, il pense au record de Federer mais n'en fait «pas une obsession».

«Vous étiez au bord des larmes sur le podium : après onze titres, ressentez-vous toujours la même émotion ?
C'est difficile à expliquer. S'il est vrai que j'ai accompli beaucoup plus de choses que ce dont j'ai toujours rêvé, je suis aussi passé par beaucoup de moments difficiles, notamment ces derniers mois. En Australie, j'étais à la lutte, puis je me suis blessé à Acapulco, ce qui m'a empêché de jouer. A Miami, je suis arrivé à quelques doutes sur ma capacité à briller sur terre battue. Avoir réussi à revenir de ces longs mois, puis gagner à Monte-Carlo, à Rome, à Barcelone, et maintenant à Paris, c'est très émouvant. Ces applaudissements spontanés de la foule, à la fin du match, pendant deux minutes... C'est vraiment difficile de décrire ce que j'ai ressenti à ce moment.

«Je n'avais plus le contrôle de mon doigt» 

Qu'est-il arrivé à votre main, au milieu du troisième set ?
J'ai senti quelque chose d'inhabituel, je n'arrivais plus à bouger mon doigt. C'était comme une crampe, mais pas comme une crampe normale. Je pense que mon strap était un peu trop serré et m'empêchait d'avoir une circulation sanguine normale. J'ai eu besoin de comprendre ce qui m'arrivait. C'était effrayant, je n'avais vraiment plus le contrôle de mon doigt. Après quelques minutes, progressivement, les sensations sont revenues.

Vous avez trente-deux ans, mais vous semblez en faire beaucoup moins quand vous jouez comme ça...
Et pourtant, je vous assure que j'ai 32 ans, et que je le ressens comme tel. Si vous m'aviez dit, il y a sept ou huit ans, qu'à 32 ans je continuerais à me retrouver ici, avec ce trophée, j'aurais répondu que c'était impossible. Et pourtant, nous voilà. Je ne me préoccupe pas de l'avenir. Le tennis est une partie importante de ma vie, cela ne fait aucun doute, mais ce n'est pas tout. Beaucoup d'autres choses me rendent heureux. Je ne suis pas inquiet. Je continue à aimer passer du temps sur le circuit, à profiter du fait de vivre du tennis et de toutes les expériences que ce sport m'a offertes et continue à m'offrir. Tant que je serai heureux, j'essaierai de continuer à jouer. Et quand ça changera, ce sera le moment de passer à autre chose.

«Ce n'est pas possible de vivre avec un sentiment permanent de frustration»

Vous possédez désormais 17 titres du Grand Chelem. Vous n'êtes plus qu'à trois du record de Roger Federer. Qu'est ce que cela vous inspire ?
Laissez-moi profitez de celui-ci. Je ne peux pas toujours penser au fait d'en avoir plus. Bien sûr que j'en ai l'ambition et que je ressens toujours une passion pour mon sport, mais je ne peux être constamment obsédé par tout ça. Ce n'est pas possible de vivre avec un sentiment permanent de frustration, de se dire : il a plus d'argent, une plus grande maison, ou plus de titres du Grand Chelem. Il faut savoir savourer ce qui vous arrive, ne pas être toujours envieux des autres qui en ont davantage. Je ne suis pas ce genre de personne. Bien sûr que j'aimerais avoir aussi vingt titres du Grand Chelem, ou plus, mais pour être honnête, ce n'est pas quelque chose qui m'occupe l'esprit. Dix-sept est déjà un chiffre incroyable, je me sens chanceux d'en être arrivé là. Ça ne veut pas dire que je ne vais pas continuer à me battre, mais je vais surtout me battre pour mon bonheur. J'aimerais avoir vingt titres, mais je n'en fais pas une obsession.

Savez-vous déjà quel sera votre prochain tournoi ?
C'est difficile à dire. Ma saison sur terre était longue et usante. De retour de blessure, j'ai joué tous les matches possibles. Les deux derniers mois ont été difficiles et exigeants. L'an passé, j'ai eu l'impression de bien jouer sur gazon, de faire des bons matches contre des gros adversaires. Ma préparation s'était vraiment bien passée. Mais là, je vais surtout faire ce qui est le mieux pour moi. Je dois en parler avec mon équipe et faire ce qui est le mieux pour mon corps. J'aimerais pouvoir jouer dans le plus de villes possibles, d'autant que le changement de la terre au gazon est significatif. Quand j'étais plus jeune, je pouvais enchainer plus rapidement. Mais là, j'ai besoin de prendre un peu de temps, et voir comment je me sentirai dans quelques jours.»

tous les commentaires
commenter cet article
Commenter cet article  (Pour commenter, vous devez vous inscrire)

 

Votre commentaire - 500 caractères restants

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais après modération
En poursuivant votre navigation sur www.lequipe.fr, vous acceptez les CGU ainsi que l'utilisation de cookies et de technologies similaires, y compris celle de partenaires tiers, pour vous proposer des contenus pertinents et des publicités ciblées en fonction de vos centres d'intérêts.
En savoir plus sur les cookies.   Afficher les CGUs.