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Grigor Dimitrov : «Gagner un Grand Chelem»

Pour Grigor Dimitrov, sa victoire au Masters de Londres vient récompenser tout le travail accompli depuis la dernière intersaison. Loin d'être rassasié, le Bulgare vise encore plus haut.

«On vous a vu pleurer après la balle de match (en finale face à David Goffin). Que représente cette victoire ?
C'est un tournoi spécial. Tu ne le joues pas forcément tous les ans. Après cette année, j'avais le sentiment que je méritais d'être là, mais je ne voulais pas me projeter, m'imaginer en finale ou vainqueur. Et puis c'est la fin de la saison, le dernier match. Savoir que je n'ai pas à aller m'entraîner demain (lundi), ça va être un sentiment génial quand je vais me réveiller. Je peux faire ce que je veux (rire). En tant que joueur de tennis, ça n'arrive pas souvent. Pour être au top, il n'y a pas de raccourci. Je suis à 100% dévoué au tennis. J'ai énormément travaillé sur ça cette année. J'ai sacrifié des jours où j'aurais pu me reposer, prendre un peu de vacances. Ça paye maintenant.

Vous avez semblé un peu plus attentiste que d'habitude pendant cette finale. Était-ce une stratégie d'attendre les fautes de Goffin ou avez-vous subi ?
J'étais un peu fatigué, j'ai dû enchaîner des matches contre de très bons adversaires. Je pense que j'ai gardé un bon niveau toute la semaine. Je savais que David allait essayer quelque chose de nouveau. Il fallait qu'il soit agressif pour ne pas me laisser développer mon jeu. Ça s'est vérifié dès le premier point. Il m'a même breaké d'entrée. J'ai vraiment dû puiser, en particulier au premier set, qui, je pense, était la clé. Dans le troisième set, j'aurais pu faire certaines choses différemment. C'est quand j'ai commencé à être plus agressif que j'ai breaké. J'étais un peu nerveux à la fin, ce qui est normal.

Qu'avez-vous changé dans votre préparation cette saison par rapport aux précédentes pour vous amener à ce niveau ?
J'ai fait un travail de fond. Quand vous êtes préparé, vous avez une certaine stabilité. J'ai été fort mentalement toute l'année. Physiquement, je continue de travailler avant, pendant et après le tournoi. Quand mon corps me permet de faire ce genre de préparation, je sens que j'ai déjà un avantage sur n'importe quel autre joueur. Ce n'est pas le résultat d'une ou deux semaines de travail, ça va au moins jusqu'à la dernière intersaison, puis toute l'année. Il n'y a pas de recette secrète, c'est la conséquence du travail accompli, de la structure mise en place.

«Je sais ce que je dois faire pour être bon»

On a vu des nouveaux visages cette semaine. Avez-vous la sensation qu'un passage de témoin est en train de s'effectuer ?
L'année prochaine va être intéressante, en particulier le début. Il y a pas mal de joueurs qui vont revenir. Il ne faut surtout pas les oublier. Mais je ne veux pas trop y penser pour l'instant. Je veux me concentrer sur moi, ce que je dois faire avec mon équipe, comment on peut s'améliorer, devenir meilleur et comment battre ces mecs la prochaine fois que je les affronterai. Ce qui est important, c'est de rester les pieds sur terre, baisser la tête et travailler encore plus dur. Parce qu'une fois que tu arrives à ce classement, c'est encore plus étroit. Je veux rester sur la même ligne. Je ne veux pas m'emballer parce que j'ai eu des bons résultats et que je suis numéro 3 mondial. Ça me donne au contraire encore plus envie de m'y filer. C'est une très bonne base sur laquelle construire pour l'année prochaine. L'intersaison va être incroyable. Je sais ce que je dois faire pour être bon.

En juillet 2016, vous étiez redescendu à la 40e place mondiale. Pouviez-vous alors imaginer être troisième mondial moins d'un an et demi plus tard ?
Absolument pas. Je me demandais plutôt comment réussir à mettre trois balles dans le court. Mais encore une fois, avec le bon état d'esprit, la bonne équipe, la bonne structure, les choses finissent par arriver. Cette période m'a vraiment aidé. J'en avais besoin. J'ai apprécie ces six, sept mois pendant lesquels je galérais. Dans le sens où je suis le seul à savoir ce que j'ai traversé. J'ai pris conscience de ce sur quoi je devais travailler, qui sont les gens qui comptent vraiment sur moi et qui sont vraiment importants. J'ai énormément appris de cette période. Et maintenant, je suis là.

Votre entraîneur, Dani Vallverdu, fait évidemment partie des gens qui comptent. A quel point sa présence vous a-t-elle aidé ?
Beaucoup, évidemment. Il avait fait de l'excellent travail avec Andy (Murray) et Tomas (Berdych). C'est l'un des principaux atouts de mon équipe. Ça ne fait finalement qu'un peu plus d'un an que nous travaillons ensemble. Je crois qu'on comprend tous les deux très bien le jeu. C'est certainement un des entraîneurs les plus durs sur le circuit. Il connaît absolument tout du jeu. Une bonne partie de mes succès lui revient. Ainsi qu'à tous les membres de l'équipe qui ont participé à cette saison.

Que pensez-vous pouvoir accomplir dans le futur ?
Bien sûr, un de mes principaux objectifs est de gagner un Grand Chelem. Ça a toujours été mon rêve. Ça vient doucement. Il faut que je sois encore plus régulier sur ces tournois et que je sois capable d'élever mon niveau de jeu dans les grandes occasions, comme ici. C'est un grand accomplissement, mais j'ai encore beaucoup à donner. Je veux jouer de mieux en mieux.»

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