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Kiné, ostéopathe, chiropracteur, lequel choisir ?

Similaires sur certains points, ces trois approches se distinguent par leurs techniques et leurs outils thérapeutiques. Longtemps jugées concurrentes, elles sont pourtant complémentaires. Démonstration.

Tous sports - Harmonie Mutuelle - kiné, ostéo ou chiro ? (Shutterstock/D.R)

kiné, ostéo ou chiro ? (Shutterstock/D.R)

Kiné, chiro ou ostéo ? Pour « réparer » les corps, à l'heure où la médication a de moins en moins la cote chez les sportifs, les thérapies alternatives ont le vent en poupe. Ces trois spécialités reposent sur la manipulation et sont plus douces que la chirurgie.

La kinésithérapie : la plus connue

En grec, « therapeuin » signifie soigner et « kinesis » correspond au mouvement. La kinésithérapie est une méthode de rééducation qui a pour but de redonner du mouvement, de retrouver sa mobilité, suite à une fracture ou une déchirure musculaire. Son action est localisée sur la zone meurtrie, douloureuse.

Concernant aussi bien le squelette que les fonctionnalités de l'organisme, elle agit sur le système musculeux-ligamentaire et sur les articulations. Le kiné peut travailler manuellement ou avec l'aide d'appareils : lampes, ultrasons, électrothérapies, fitness, tapis, vélo, mécanothérapie avec des haltères par exemple.

L'ostéopathie : une approche globale

Travailler sur une douleur, une zone qui fait mal alors que ça ne devrait pas être le cas, remédier mais aussi prévenir toute perte de mobilité des articulations, des muscles, des ligaments ou des viscères pouvant provoquer un déséquilibre de l'état de santé, c'est le but de l'ostéopathie. « Un patient peut souffrir du dos parce qu'il a le bassin bloqué suite à une entorse de la cheville mal soignée, ce qui provoque un dysfonctionnement sur l'ensemble du corps », explique l'ostéopathe Cédric Dumesge, spécialisé en ostéopathie du sport.

Dresser un bilan est ici primordial : antécédents du patient, mode de vie, forme générale. « C'est une pratique complémentaire de la kinésithérapie. Lorsqu'une personne a été blessée, à la suite d'une fracture ou d'une entorse, l'ostéopathe va d'abord  ?débloquer? la situation pour permettre la rééducation. » Il agit en appliquant des forces (manipulations ou mobilisations) sur le corps afin d'obtenir un effet antalgique, relaxant, voire neurovasculaire. Mais cette technique est également préventive pour les grands sportifs, à raison de deux à quatre séances par an.

La chiropraxie, prisée à l'étranger

Cette technique commence à prendre son essor en France. Il s'agit aussi d'une approche qui considère le corps dans son ensemble. Elle ne vise pas seulement à soulager les douleurs mais aussi à identifier les symptômes afin de prévenir leur (ré)apparition. Pour pratiquer, le chiropracteur doit suivre six années d'études et, à la différence de l'ostéopathie, il n'est pas possible d'obtenir ce titre par une formation alternative ou sous forme de séminaire.

Ses méthodes sont manuelles. Il effectue des ajustements de la colonne vertébrale et des extrémités (hanches, chevilles, poignets...) afin de permettre au corps de corriger ses éventuels déséquilibres en relâchant la tension musculaire. Les raisons de consulter sont multiples : douleurs cervicales, lombaires, migraines.

La méthode Mézières : pour la juste posture

Élaborée en 1947 par la kinésithérapeute Françoise Mézières, cette méthode qui n'a qu'une seule école en France* compte de plus en plus d'adeptes. Elle considère que les muscles du corps sont solidaires et s'organisent en chaînes. Il faut alors procéder à un travail d'étirement, libérer la respiration et rendre la mobilité au système articulaire afin de conduire le patient à l'autonomie et au bien-être. « On sort de l'idée du muscler à tout prix. On cherche à retrouver de l'harmonie. C'est un travail de restructuration de la posture par des étirements et par la proprioception », précise Maud Chatry, kinésithérapeute Mézières. Le bilan clinique préalable est très poussé. « Durant ce temps de détection, on observe le patient, on repère les dissymétries, les inégalités, les zones plus raides. » Concernant toutes les pathologies, cette technique est efficace pour les pathologies récidivantes qui n'ont pas pu trouver de solutions « classiques ». En prévention, elles sont appréciées des sportifs, danseurs, artistes de cirque pour maintenir ou restaurer leurs postures. *AMIK : Association Méziériste internationale de kinésithérapie.
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