Bien-être

L'hypnose peut-elle aider à se concentrer avant l'effort ?

Sophrologie, relaxation, gym douce peuvent aider à se concentrer avant un effort sportif. Qu'en est-il de l'hypnose ? Quelques réponses avec Anne Le Bouëtté.

Tous sports - Bien-être - L'hypnose aide-t-elle à se concentrer ?  (Shutterstock)

L'hypnose aide-t-elle à se concentrer ?  (Shutterstock)

Avant un effort, beaucoup de sportifs véhiculent du stress et de l'anxiété. D'autres, souvent débutants, peuvent être perturbés par l'enjeu de la compétition et perdent leurs moyens.  Anne Le Bouëtté, hypnothérapeute professionnelle vous explique la technique de l'hypnose Ericksonienne et ses bienfaits sur la concentration.

L'hypnose, une thérapie à part entière

L'hypnose Ericksonienne est considérée comme un « état de profonde détente qui amène à un niveau de conscience différent appelé transe hypnotique » débute Anne Le Bouëtté. État auquel nous sommes confrontés a minima deux fois par jour, au réveil et à l'endormissement, la transe hypnotique permet d'accéder à l'inconscient de l'individu. Dans cet état, le corps de l'individu ne semble plus rien contrôler et s'active en mode « automatique », sans prendre en compte ce qu'il se passe autour de lui. « Quand on est dans la lune, on est en état de transe hypnotique », précise la spécialiste.

Thérapie très individualisée, elle est destinée aussi bien aux enfants qu'aux personnes âgées. « Les personnes âgées peuvent être moins réceptives lorsque leur audition est réduite mais on ne se met pas de barrières. On les accompagne différement ». Quelque soit le public, l'hypnose suit trois phases afin de développer la concentration, et aider l'individu à aller chercher des ressources pré-existantes. Dans un premier temps, la technique d'induction consiste à « accompagner l'individu dans une détente profonde en lui racontant une histoire, en l'accompagnant dans un voyage ». Il s'agit d'emmener la personne dans un imaginaire en fonction de ce qu'elle apporte. La seconde étape est de s'adresser directement à l'inconscient en « lui demandant d'aller chercher dans ses souvenirs trois situations de concentrations maximales, de les observer et d'en extraire les enseignements utiles ». Enfin, la troisième et dernière étape est d'apprendre l'auto-hypnose à l'individu. Il s'agit de l'« accompagner à trouver ses propres ressources pour qu'il s'en serve quand il en aura besoin, tout en autonomie ». 

L'auto-hypnose comme point d'orgue

Utile à dépasser des blocages vis-à-vis de la concentration, l'hypnose permet de faire comprendre à l'individu qu'il a déjà en lui des capacités voulues « Chacun a un potentiel intrinsèque et l'hypnose permet de lever des blocages installés parfois inconsciemment ». 

Travailler son ancre paraît alors capital dans l'amélioration de la concentration. Mais concrètement, qu'est-ce que c'est ? À un niveau très profond, l'idée est de travailler dans les souvenirs de l'individu afin de dépasser des croyances souvent négatives et de retrouver un état de concentration optimum que l'on va ancrer en soi. Les ancres peuvent être kinesthésiques, visuelles ou auditives. « À titre d'exemple, on amène l'individu à penser et voir un mot qui lui évoque la concentration ». En fonction de l'histoire de vie de chacun, l'ancre sera différente mais l'objectif premier est de permettre à la personne d'être autonome est de gérer lui-même ses sensations.

La concentration peut être facilitée via l'hypnose.  (Shutterstcok)
La concentration peut être facilitée via l'hypnose.  (Shutterstcok)

Conscient VS inconscient

Pour cela, il faut être capable de distinguer le conscient de l'inconscient. Souvent bloqué par des situations de concentration antérieures négatives, l'individu peut se servir de l'hypnose comme outil d'aide pré-effort, en plongeant dans son inconscient. « L'inconscient ne fait que ce qu'il a appris, que ce soit positif ou négatif. Il fait toujours ce qu'il y a de mieux pour la personne. Le niveau conscient ne sait gérer que peu d'informations à la fois, il sature vite ». 

C'est donc un travail sur l'inconscient qui permettra au sportif d'améliorer sa concentration. « Notre intellect ne peut pas analyser et décortiquer tout ce qu'il se passe. On ne comprend pas tout avec notre esprit conscient, ajoute Anne Le Bouëtté. Il faut le mettre de côté et éviter qu'il parasite le travail de l'inconscient ». Cet inconscient va donc être d'une grande aide à la concentration avant une échéance sportive, à condition que ce travail d'hypnose soit réalisé en amont.

Peut-elle rendre plus performant ?

Pour un débutant, l'hypnose peut être aider à se concentrer dans un délai de 4 à 6 semaines avant l'échéance sportive. « Cette longue période laisse le temps à l'individu de tester, être sûr de son ancre, et de découvrir l'auto-hypnose », glisse la spécialiste. Cette durée n'est pas exclusive mais est fortement conseillée pour y entrevoir un effet notable.

Dans cette mesure, deux étapes permettent d'améliorer la concentration et la performance sportive. L'idée est de projeter la personne vers une situation future soit en « l'associant à une expérience du futur. C'est à dire qu'elle voit, entend et sent à travers son corps sa prochaine performance », soit en « la dissociant complètement ce qui lui permet de se voir de l'extérieur en train de faire sa performance ». Ces expériences associées et dissociées aident la personne à se motiver et se concentrer en profondeur.

Léa Quinio

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