Handball Championnat d'Europe (Hommes)

Âge, taille, sélections... : l'évolution du profil des Bleus entre 2008 et 2018

Les Bleus tenteront de décrocher à partir de vendredi une quatrième médaille d'or européenne. En 2008, ceux qui n'étaient pas encore tout à fait experts, s'apprêtaient à conquérir l'or olympique. Entre ces deux dates, le profil des joueurs a beaucoup évolué.

Handball - Championnat d'Europe (H) - Valentin Porte, Nicolas Claire et Nikolo Karabatic sous le maillot des Bleus. (A.Mounic/L'Equipe)

Valentin Porte, Nicolas Claire et Nikolo Karabatic sous le maillot des Bleus. (A.Mounic/L'Equipe)

Ils jouent davantage en France

Nikola Karabatic est rentré en France (PSG), comme Luc Abalo (PSG également). La trajectoire de deux des leaders français illustre la tendance actuelle : les internationaux s'exportent moins qu'il y a plusieurs années. En 2008, sept des quinze sélectionnés, soit près de la moitié, évoluaient hors de France. Sur les seize retenus pour cet Euro 2018, seuls quatre sont dans cette situation (Mahé, N'Guessan, Sorhaindo, Mem).

L'attractivité de Montpellier (quatre joueurs) et surtout du PSG (trois joueurs contre un seul en 2008) a augmenté. Les Parisiens, finalistes de la Ligue des champions en 2017, ont prouvé que les clubs français pouvaient rivaliser avec les meilleurs d'Europe. Le MHB de 2003, vainqueur de la compétition, se cherche toujours un successeur mais les grands noms des Bleus n'hésitent plus à évoluer à domicile quand les leaders de 2008 évoluaient davantage à l'étranger.

Plus grands et plus costauds

Dix ans après, Michaël Guigou est toujours le plus petit (1,79 m) et le plus léger (78 kg) à faire partie du groupe France. Mais les Bleus, dans leur ensemble, présentent un physique plus impressionnant : ils ont gagné en centimètres (+2 cm) et en kilos (+5 kg) par rapport à 2008.

Ils sont quatre aujourd'hui à atteindre le double mètre (Dumoulin, Caucheteux, Tournat et Dipanda) quand Jérôme Fernandez (1,99 m) était le plus grand à Pékin. Nikola Karabatic et Luc Abalo, présents pour les deux événements, ont tous les deux pris de l'épaisseur en 10 ans (+5 kg pour le premier, +6 kg pour le deuxième).

Plus jeunes...

La retraite de Thierry Omeyer (41 ans cette année) a sans conteste fait baisser la moyenne d'âge de cette équipe de France. Mais même avec lui, l'âge moyen actuel (28,6) serait resté inférieur à celui d'il y a dix ans (30,3). Comme Claude Onesta avant eux, Didier Dinart et Guillaume Gille misent sur la continuité et l'intégration très progressive des jeunes.

Mais le renouvellement de ces dernières années, provoqué par la retraite de certains des plus beaux palmarès du hand français, a rajeuni un peu le groupe France. Dika Mem et ses 20 ans restent une exception dans ces deux listes où les trentenaires sont beaucoup plus nombreux que les joueurs de moins de 25 ans (un seul en 2008 : Nikola Karabatic, deux en 2018).

Dika Mem, le plus jeune joueur sélectionné cette année a 20 ans. (A.Mounic/L'Equipe)
Dika Mem, le plus jeune joueur sélectionné cette année a 20 ans. (A.Mounic/L'Equipe)

... moins expérimentés...

Conséquence logique, les Bleus actuels comptent beaucoup moins de sélections que leurs prédécesseurs. C'est d'ailleurs là que la différence est la plus grande entre les deux groupes. Ceux de 2008 avaient en moyenne 171 sélections à leur actif avant de se lancer dans les JO. Didier Dinart affichait avant la compétition 288 capes, Jérôme Fernandez était à 262. Seuls trois d'entre eux avaient connu moins de cent sélections.

En 2018, la moyenne est justement en dessous de cette barre (90). Raphaël Caucheteux (3), Nicolas Tournat (5) et Benjamin Afgour (6) n'en comptent qu'une poignée. A 27 ans, Valentin Porte a, lui, déjà porté 85 fois le maillot des Bleus. L'inexpérience de certains dans le groupe est compensée par des leaders à plus de 200 sélections (Nikola Karabatic, Michaël Guigou, Luc Abalo).

... mais plus titrés

C'est le paradoxe de cette comparaison : les Bleus ont moins d'expérience mais bien plus de médailles accrochées autour de leur cou. Avec neuf titres chacun (trois européens, quatre mondiaux et deux olympiques), Michaël Guigou et Nikola Karabatic y sont pour beaucoup. Luc Abalo (huit médailles d'or) et Cédric Sorhaindo (sept) ne sont pas en reste.

Un joueur comme Valentin Porte compte déjà plus de titres (trois) que n'importe quel Bleu de 2008. Ils sont par contre plus à n'avoir jamais été sacrés avec les Bleus (six en tout) quand seuls Cédric Paty (qui avait un statut de remplaçant mais a intégré le groupe après la blessure de Jérôme Fernandez) et Cédric Burdet n'avaient rien gagné avec l'équipe de France avant le premier titre olympique.

Les Bleus ont été sacré champion du monde à domicile en 2017. (Reuters)
Les Bleus ont été sacré champion du monde à domicile en 2017. (Reuters)

Le groupe des 16 : Cyril Dumoulin (Nantes, 65 sélections), Vincent Gérard (Montpellier, 61 sél.), Raphaël Caucheteux (Saint-Raphaël, 3 sél.), Michaël Guigou (Montpellier, 250 sél.), Kentin Mahé (Flensburg-Handewitt, 81 sél.), Timothey N'Guessan (Barcelone, 55 sél.), Nicolas Claire (Nantes, 19 sél.), Nikola Karabatic (PSG, 289 sél.), Benjami Afgour (Montpellier, 8 sél.), Cédric Sorhaindo (Barcelone, 191 sél.), Nicolas Tournat (Nantes, 8 sél.), Adrien Dipanda (Saint-Raphaël, 42 sél.), Dika Mem (Barcelone, 16 sél.), Nedim Remili (PSG, 33 sél.), Luc Abalo (PSG, 232 sél.), Valentin Porte (Montpellier, 88 sél.)

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