Golf US Open

Shinnecock Hills c'est plus fort que toi !

Un Shinnecock Hills à l'extrême limite du jouable a totalement rebattu les cartes après un moving day complètement improbable. Un quatuor surnage à +3 : Dustin Johnson, Daniel Berger, Tony Finau et Brooks Koepka. Matthieu Pavon est 43e.

Golf - US Open - Majeurs - Dustin Johnson reste en course pour un deuxième titre à l'US Open après son succès de 2016. (L'Equipe)

Dustin Johnson reste en course pour un deuxième titre à l'US Open après son succès de 2016. (L'Equipe)

Les remontées fantastiques

Pour dominer Shinnecock ce samedi, il fallait partir "à la fraîche", comme l'ont fait Tony Finau et Daniel Berger. Les deux Américains profitaient de conditions un peu moins agitées (bien moins de vent) et surtout de greens moins grillés. Partis au-delà de la 40e place, à 11 coups de Dustin Johnson ce matin, les deux hommes postaient 66 (-4) pour revenir à +3 total. Et plus la journée avançait, plus le carnage était total, plus ils grimpaient au classement jusqu'à pointer en tête !

Berger dégainait le premier en passant l'aller à -3 (aucun bogey) puis en postant trois autres merveilles (12, 13, 15) contre deux bogeys (11, 17) sur le retour. Finau le suivait de près et produisait son effort essentiellement sur les neuf derniers. 35 à l'aller (par), mais 31 au retour avec trois birdies de suite du 10 au 12 puis un ultime au 18 d'un putt incisif. Pour info, le plus large écart jamais comblé dans un US Open après 36 trous par un futur vainqueur reste... 11 coups. Comme quoi tout est possible à l'US Open... Les deux compères s'élanceront en dernière partie dimanche.

Mention spéciale, bien sûr, pour Kiradech Aphibarnrat qui signait le dernier des seuls trois scores sous le par de cette journée de killing day. Lui aussi a parfaitement profité de l'absence relative de vent pour enquiller cinq birdies, trouver 15 greens en régulation et toucher 100% de fairways. Le voilà au 7e rang à +6.

DJ dans les cordes

Dustin Johnson paraissait intouchable, totalement sous contrôle de son "DJ golf". Et puis Shinnecock (bien aidé par l'USGA) a ramené le n°1 mondial sur terre. Et brutalement en plus. Bim : double bogey dès le 2 d'un cafouillage putter en mains. Paf : nouveau bogey au 4 d'un chip retenu et d'un putt tendance frein à main bine serré. Zbang : trois nouveaux bogeys de rang du 6 au 8 pour passer l'aller à 6 au-dessus du par et complètement relancer le tournoi. Heureusement, le canonnier floridien a retrouvé un peu de sa superbe sur le retour, faisant le dos rond dans une fin de partie ambiance guerre de tranchées. Quand ses principaux poursuivants sombraient les uns après les autres entre le 11 et le 18, DJ postait un birdie (au 11 justement) contre deux bogeys aux 15 et 18. 77 et pourtant c'est suffisant pour rester en tête du tournoi.

DJ reste serein...

«Je n'ai pas l'impression d'avoir si mal joué... Et pourtant je signe 77. Les greens étaient tellement délicats, les positions de drapeaux si extrêmes, que même en ayant la sensation de me donner pas mal de chances, je n'en ai pas rentré un seul. C'est la différence entre une carte dans le par et ce 77. C'est l'US Open, on sait que c'est très dur.»

Brooks peut y croire

Marrant comme en arrivant à Shinnecock on se faisait la remarque que l'endroit a de faux airs d'Erin Hills. Là où il y a pile un an Brooks Koepka remportait son premier US Open. Et comme par hasard, le costaud a sorti les muscles ce samedi pour grimper encore un peu plus haut au leaderboard. Un aller dans le par à la faveur d'un golf très consistant (bogey au 1, birdie au 2). Un retour du même ordre malgré deux bogeys presque "obligatoires" vus les drapeaux et le côté clairement borderline des greens en cette fin de journée. Son 72 du jour place le tenant de titre en course pour un doublé inédit depuis Curtis Strange en 1988-89. Il s'élancera aux côtés de son grand pote Dustin Johnson.

Rose et Stenson ont une chance

On voyait bien les deux compères de Ryder Cup aux commandes de cet US Open après 54 trous. Vu comment Justin Rose et Henrik Stenson développaient un jeu d'une solidité impressionnante. Aller sous le par pour le Suédois (-1) et tout juste au-dessus pour l'Anglais (bogeys aux 8 et 9 pour +1). C'est au retour que le parcours a bousculé l'élan du duo.

Stenson concédait cinq bogeys aux 9, 13, 14, 15 et 18 pour poster 74... Rose s'en tirait un peu mieux malgré trois bogeys (10, 16 et 18) et d'un birdie au 15. Un trou qui n'a pas pour autant les faveur de JR auteur d'un 73 : «Je crois que cette position de drapeau était au-delà de la limite du jouable. Et pour dire les choses de façon très diplomatique, je n'ai jamais vu un parcours changer à ce point en si peu de temps.»
Rose et Stenson s'élanceront de nouveau ensemble ce dimanche et pointent avec respectivement un et deux coups de retard sur le quatuor de tête.

Shinnecock les a plié

Ian Poulter avouait vendredi qu'il aimait l'US Open autant qu'il le détestait. Ce samedi, il est très probable que l'Anglais passe ses nerfs sur le parcours de Shinnecock. Toujours en haut de tableau après 7 trous, mister Ryder concédait deux bogeys aux 8 et 9. Il répondait de deux punchs pleins trous aux 11 et 12 avant de subir la loi des greens assoiffés de la fin de parcours. Bogeys aux 13, 14, 15 et 16 pour un 76 le reléguant au 10e rang à +7. Oh dear...

Charley Hoffman et Scott Piercy étaient les deux poursuivants les plus proches du leader Dustin Johnson. Ils ne le sont pas resté longtemps. Hoffman concédait sept bogeys sans voir la lumière du moindre birdie. Son compatriote ne faisait pas mieux ; cinq bogeys, deux doubles et un unique birdie au 5... 77 pour le premier relégué au 10e rang. 79 pour Piercy qui plonge en 23e place à +9 total.

Tommy Fleetwood lui aussi avait un bon coup à jouer ce samedi, surtout quand on connaît ses qualités de lanceur de fléchettes. Mais l'Anglais aux longues anglaises (ou presque) n'a trouvé que 6 greens en régulation puis concédé cinq bogeys et un triple (au 10) pour plonger au 23e rang suite à un décevant 78.
75,3 La moyenne de scores de ce troisième tour de l'US Open à Shinnecock Hills. Rappelons que jeudi, dans une réelle tempête cette même moyenne était seulement un coup plus haut (76,5).

Le coup de gueule de Rafa

«Vraiment dur de signer un 7 pour finir une journée qui était jusque-là plutôt propre. Mais malgré tout, ce n'était pas un test de golf très équitable. Les greens étaient injouables avec des positions de drapeaux dont on se serait bien passé. L'@USGA a trouvé le moyen de nous ridiculiser sur le parcours. Quel dommage de réussir à massacrer de la sorte un si joli parcours.»

Le craquage de Phil

Ok, c'était son anniversaire ce samedi. Ok Phil Mickelson était déjà bien largué en arrivant sur le 13 (+4 pour la journée à ce moment précis). Mais de là à imaginer Lefty signer un feux d'articice en forme de 10 sur ce par 4... Le pire, ce n'est pas le score, mais la manière. Quatre coups pour arriver jusqu'au green après un joli essuie-glace entre l'arrière et l'avant du vert. En soi, ça arrive et plus d'un l'ont fait dans ce moving day. Sauf que Lefty charge un peu son premier putt, voit sa balle filer tranquillement vers l'avant green qu'il vient de quitter et craque... Il tape un mini sprint et putte sa balle toujours en mouvement, comme pour l'empêcher de glisser vers sa destination finale !

Du jamais vu pour Andrew "Beef" Johnston son partenaire : «C'est l'un des trucs les plus bizarres que j'ai jamais vus ! Je n'ai pas pu m'empêcher d'éclater de rire.» De son côté Mickelson était conscient de la règle qu'il venait d'enfreindre et des deux coups de pénalité qu'il encourait. «Je savais que ma balle allait retourner dans cette position en bas du green et que je n'allais pas avoir de coup. J'allais y passer la journée, alors j'ai décidé d'utiliser les règles, de prendre ma pénalité et de boucler ce trou. J'ai souvent été tenté de faire ça. Et enfin j'ai osé le faire

Matthieu Pavon fait le dos rond

Parti dans les premiers groupes ce samedi matin, Matthieu Pavon a lui aussi profité de la version un peu plus "jouable" de Shinnecock. Mais le putter du Français n'a pas voulu lui sourire. Après un aller passé dans le par malgré quelques occasions de birdies (7, 8, 9, 10) le Français subissait la loi du parcours sur le retour. Quatre bogeys aux 11, 12, 14 et 17 et voilà un 74 qui ne reflète pas réellement le niveau de jeu proposé par le Bordelais ce samedi.

Shinnecock les a tués...

Rickie Fowler partait dans les derniers groupes ce samedi. Il sera de nouveau sur le parcours dimanche mais beaucoup plus tôt... La raison? Un 84, oui... 84 pour l'un des meilleurs joueurs au monde, récent 2e du Masters. Aucun birdie, un triple, trois doubles et quatre bogeys, bref un charmant cauchemar.
On dénombrait huit cartes de 80 ou plus ce samedi à Shinnecock, dont celles de Phil Mickelson (81), d'Andrew Johnston (82) ou de Byeong Hun An (81) vainqueur à Wentworth en 2015 !
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