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Mike Lorenzo-Vera : «Le British Open m'a fait mal à la gueule»

Mike Lorenzo-Vera a réalisé en 2017 la meilleure année de sa carrière. Mais malgré ses premiers pas en Majeur et une 35e place à la Race to Dubai, le Basque est loin d'être satisfait. MLV est désormais pleinement conscient que son niveau actuel n'est pas celui des meilleurs mondiaux. Alors il agit.

«Votre premier British Open a été le déclencheur d'une nouvelle prise de conscience ?

Dans mon boulot oui. J'ai tapé des balles au practice, j'avais Rory (McIlroy) devant moi et Dustin (Johnson) derrière. Et là tu te dis : "Bon...y'a du boulot...". Il y en a d'autant plus que les mecs, non seulement tapent fort la balle, mais le font en plus de manière très facile ! Et ils ne mettent que des flèches. Ok, ils peuvent en lâcher une ou deux par manque de concentration, comme ça arrive à tout le monde, mais ils ont une telle constance... Je ne pense pas qu'ils se mettent dans le même état que moi, à ne pas savoir où la balle va sortir du driver. Je suis trop souvent en panique sur les départs. Il faut que j'arrive à améliorer ce swing et à être plus apaisé. Je veux pouvoir la taper fort sans craindre de la voir partir 20m à droite ou 30 à gauche comme ça m'arrive trop souvent.

«Le British Open a été une grosse prise de conscience par rapport aux grands»
Ce premier Majeur a été à ce point douloureux ?

Oui, le British m'a fait mal à la gueule. Je m'étais reposé une semaine avant, mais ça ne m'a pas empêché de prendre une rouste... Ok j'ai passé le cut, mais en arrivant à tirer une partie de fou dans des conditions débiles (le vendredi). Dans ces cas-là le swing ne veut plus rien dire. Donc oui c'était une grosse prise de conscience par rapport aux grands. Je crois qu'on est deux en France à avoir fait le même constat avec Alex' (Levy). De toute façon les choses sont simples : il est quelque chose comme 70e mondial et moi je suis au delà des 130... On est les deux meilleurs de la Race to Dubai cette année, tout est dit.


Comment qualifiez-vous cette année 2017 ?

Frustrante. J'ai du mal à voir beaucoup de positif... Je sais que ça va paraître bizarre à tout le monde, mais c'est frustrant parce que de semaine en semaine mon jeu se ressemble. À la limite si j'avais vu mon swing évoluer... Mais non. Depuis le British il y a eu une belle partie, c'était le samedi à Dubaï (65). Celle-là, c'est ce qu'il faut faire. Le reste ce n'était que sur l'énergie ou l'intelligence de jeu. Je sais bien que c'est souvent comme ça au golf, sur du bidouillage. Mais quand toute ma saison est faite là-dessus, c'est compliqué. Bon, je suis quand même content du résultat global vu le boulot restant à envoyer. Mais tant qu'il n'y a pas de trophée, je ne serai pas content.

Vous ne retenez même pas cette 13e place intéressante pour votre première finale à Dubaï ?

Le résultat est bon, mais il faut voir avec quelle manière il a été construit. Le truc c'est que je suis pied au plancher et que je ne peux pas faire une place de mieux... Ce n'est pas ce que je veux. À la limite, je ferais 13e en ayant des regrets, très bien. Mais je n'en ai aucun, j'ai enfilé des perles dans tous les sens sur les greens. C'est dur de faire mieux, et c'est ça le problème.


«Si je n'ai pas encore gagné c'est que je ne suis pas encore assez bon.»
On vous sent très exigeant envers vous-même...

Je travaille fort mentalement. J'ai des objectifs de carrière, j'ai de grandes attentes. Depuis toujours j'ai galéré, j'ai un peu papillonné en me cherchant. Maintenant j'ai trouvé ma voie, je prends mes décisions. Et cette année, je voulais gagner parce que c'était mieux. Mais je n'ai pas gagné, c'est ça qui m'embête. En fait je ne veux plus travailler par pansement : je veux que mon swing soit correct, point barre. Physiquement ce n'était pas assez correct donc on a remis un coup. Techniquement ce n'est pas correct donc je suis passé à autre chose et mentalement on est sur la bonne voie. Et je sais très bien qu'avec Meryem (Salmi, sa préparatrice mentale) j'ai une personne qui ne va pas me lâcher et qui m'a déjà prévenu que plus j'avancerai et plus elle me rentrera dedans.

 

Vous retenez l'absence de succès, malgré ce premier Majeur, ce premier WGC, etc...

Je suis sorti de là avec des 65/67e places à chaque fois. Je suis aux fraises sur ces tournois. Je n'ai pas une trajectoire de balle assez forte, je n'ai pas un swing assez fort. OK j'ai un petit jeu et un jeu en général qui me fait tenir la route. Mais si on me plonge parmi les solides, ça ne tient pas.

 

Vous pensiez une victoire accessible cette année ?

Je pensais que ça allait venir, oui. Mais comme dit ma préparatrice mentale : si je n'ai pas encore gagné, c'est que je ne suis pas encore assez bon. Donc il y a du boulot.»


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