Golf Magazine

Immersion dans le réseau d'Alexander Levy (partie 1/3)

Alexander Levy a entamé depuis plus d'un an une complète restructuration. Son entourage s'est affiné tout autant que son approche du jeu. L'actuel n°1 Français nous a ouvert les portes de son entraînement et de son entourage. Une plongée dans l'univers Levy qui débute à Moliets.

Une douce lumière orangée filtre à travers les pins des Landes. Pas grand monde pour profiter des fairways immaculés et de la beauté ambiante. Le parcours de Moliets n'est pourtant pas un lieu de contemplation pour tout le monde. Dans cette partie de quatre joueurs, les drives claquent aussi fort que les vannes.

Et Alexander Levy, pantalon noir remonté à mi-mollet, casquette plate de rigueur sur la tête, n'est pas le dernier à la tâche dans les deux domaines. Cette après-midi, l'amicale guerre est déclarée entre les duos Levy/Decottignies-Lafon et Hébert/Subregis. Deux joueurs du Tour européen, deux autres des divisions inférieures. Quatre pros à l'entraînement et une petite colonie pour les suivre pendant ces 18 trous, Tom Ayling en tête.

Monsieur Trackman

Le copilote d'Alexander et local de l'étape, ne porte pas le sac mais n'est pas en vacances pour autant. Il échange sans arrêt avec son joueur, débat d'un choix de club ou de l'incidence d'un vent bien présent cet après-midi-là. Rien de franchement inhabituel à voir ces deux-là poursuivre leur quête de perfection golfique, surtout pendant une semaine d'entraînement commune. Ça l'est un peu plus de voir Laurent Cabanne interagir de façon très précise avec le duo.

Le coach de Mathieu Decottignies-Lafon et de Kenny Subregis est même très sollicité par Alexander Levy. Le Trackman orange (radar de mesure) est posé en plein départ, derrière le numéro 1 français qui claque un solide drive. Les données fusent, Alexander est friand de ces interprétations chiffrées de ses sensations, traduites par Cabanne. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que ce spécialiste des données guide El Toro.

«C'est la troisième fois qu'on se voit pour travailler ainsi le temps d'une semaine, précise Laurent Cabanne. Ça fait donc trois semaines en tout, depuis un peu plus d'un an, qu'on se côtoie. Avec Tom (Ayling) on se connaît depuis une quinzaine d'années, on a un vrai lien d'amitié à la base. Et travailler ensemble pour aider Alexander, ça nous paraissait naturel.» Voilà donc un nouveau maillon de la chaîne dévoilé. Ou plutôt un nouveau membre du réseau Levy qui sort de l'ombre.

En réseau vers les étoiles

Car les solides performances du n°1 Français depuis plus d'un an ne sont pas dues au hasard. Levy s'est constitué, et a surtout consolidé dans cette période, une équipe entièrement dédiée au service de sa performance. Caddie, ostéopathe, préparateur physique et mental, club-maker, coach de renommée mondiale, spécialiste de l'analyse des données Trackman... En soi, rien de révolutionnaire, sauf que tous ces intervenants ne fonctionnent pas en étoile, chacun officiant dans sa spécialité sans s'occuper des autres, mais bien en réseau.

«Ce travail de groupe bien huilé est à mon sens ce qui explique le mieux ses bonnes performances.» Fabien Lefaucheux

Jean Fournier, le préparateur mental d'Alexander depuis ses 15 ans explique : «On est tous investis dans un projet qu'Alexander a construit. Il en est clairement le pilote, le boss, et chacun y apporte ses compétences. C'est une équipe et chacun joue à son poste. Ce qui est intéressant, c'est que les membres de cette team ont tous des connaissances générales sur l'entraînement. Donc, chacun peut faire des suggestions sur les domaines de compétence des autres sans que ce soit mal pris. Il y a une réelle interaction et une forte complémentarité, comme des engrenages dans un sens. Tout le monde est au courant de ce qui se passe au global et marche donc dans la même direction.»

Fluidité des échanges

Concrètement, la quasi-totalité de l'équipe Levy est connectée via un groupe WhatsApp (appli de discussion instantanée) créé l'an passé par Fabien Lefaucheux, le préparateur physique du Français. «C'est très simple, mais aussi très efficace, précise celui qui fut aussi le coach physique du tennisman Benoît Paire. On y parle d'Alex, des agendas, des éventuels soucis, de trucs très basiques finalement. La communication se fait mieux et de façon plus directe ainsi. Ça permet aussi des discussions plus précises entre chaque membre de l'équipe sur des aspects concernant les spécialités de chacun. Ce travail de groupe bien huilé est à mon sens ce qui explique le mieux ses bonnes performances.»


«Le boss, c'est Alex'»

Les résultats plaident en faveur de ce fonctionnement depuis début 2016 : deux victoires, seulement cinq cuts manqués, une 21e place à la Race to Dubai cette année et une 74e place mondiale conquise en 2017. Pour autant, la fluidité des échanges n'est pas si aisée à mettre en place.

Jean Fournier, qui a côtoyé nombre d'athlètes pendant près de vingt ans à l'Insep, puis à la FFGolf, confirme : «C'est rarement aussi fluide. J'ai participé à beaucoup d'équipes de ce genre et parfois, l'un des membres tirait un peu la couverture à lui pour avoir plus de lumière. Là, on est tous investis dans un projet qu'Alexander a construit. Il en est clairement le pilote, le boss, et chacun amène ses compétences.»

À suivre...

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