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Alex Norén : «Je mets parfois quatre gants tant j'ai mal...»

Les mains d'Alex Norén sont exceptionnelles. On croirait qu'un club incandescent y a fondu sa marque dans une mer de cales. Le Suédois aux neuf titres sur le Tour européen n'est pas un gros bosseur vu ses pognes : c'est un stakhanoviste !

Golf - Magazine - Les mains des golfeurs pros ont une vie propre et des histoires plein les paumes. Celles d'Alex Norén sont à part... (Sébastien Vincent/D.R)

Les mains des golfeurs pros ont une vie propre et des histoires plein les paumes. Celles d'Alex Norén sont à part... (Sébastien Vincent/D.R)

Alex Noren : «Je suis habitué à la tête étrange qu'ont mes mains. C'est sûr, quand on les regarde de près, elles ne ressemblent à rien (il ouvre ses paumes et les observe). Ouais, elles n'ont pas l'air très en forme (rires). En fait, peu de gens voient mes mains de la sorte. Il y a bien ma petite amie, qui y est habituée... Et vous aussi désormais (rires). Si je prends soin de mes mains, en les hydratant ou en limant les cales, là j'ai vraiment mal... Donc je ne m'en occupe pas, et ça se voit un peu (rires) !

Grip et conséquences

J'ai un grip plutôt normal, assez standard même. Je n'ai jamais aimé triturer mon grip dans un sens ou un autre. Le mien est overlap et il a toujours bien fonctionné pour moi. J'ai commencé par un grip baseball un peu particulier puisque j'avais les mains inversées, comme au putting (main gauche en bas), j'étais très jeune (rires) ! Mais ça marchait plutôt bien et je me sentais à l'aise ainsi. Aujourd'hui, la qualité de mon grip est essentielle. Il n'y a pas un seul coup pour lequel je ne vérifie pas le bon placement de mes mains sur le club. Le grip définit le swing, c'est aussi simple que ça. Donc un bon grip a de grandes chances de produire un bon swing.

Importance relative

Je ne sais pas trop si j'imprime énormément de pression sur mes grips ou pas. C'est difficile à définir. Je dirais que j'en mets assez pour tenir le club (sourire). Bon, pour être tout à fait franc, je n'ai pas trop le droit de parler spécifiquement de technique dans un magazine. C'est une ligne de conduite qu'on s'impose avec mon coach. Je peux quand même vous dire que la pression de mes mains ne change pas d'un coup à un autre. Le putting est le seul endroit où la pression sera bien plus douce.

L'essentiel de mon ressenti passe par mes mains, c'est certain. Un bon contact au putting green par exemple, c'est avant tout une balle qui part square de la face de mon putter. En termes de sensations, c'est quelque chose d'assez doux, d'assez neutre quand on frappe la balle avec le centre de la face du putter. On ne sent presque rien... Mes mains sont importantes de ce point de vue, sans aucun doute. Mais d'un autre côté, je n'ai jamais voulu un swing qui leur donnerait trop d'importance.

«Si j'étais McIlroy, je n'aurais pas besoin de ramener un club dans ma chambre pour bosser tous les soirs.»

Club vissé aux mains

On pourrait croire que j'ai de telles mains parce que je tape des tonnes de balles tous les jours. Mais en réalité, c'est plutôt parce que je suis connecté à un club de golf pendant longtemps dans une journée. Je m'entraîne toujours, même en rentrant à l'hôtel... Si on n'a pas une technique qui fonctionne de façon naturelle, il faut travailler dessus comme un dingue. Si j'étais McIlroy, je n'aurais pas besoin de ramener un club dans ma chambre pour bosser tous les soirs. Ça paye, mais uniquement parce que je suis un acharné de travail.
En fait, je travaille mon golf comme un employé normal : un peu plus de huit heures par jour. (Il s'arrête un instant) Bon peut être un peu plus... Disons dix heures, sinon plus. Donc je travaille comme un banquier normal quoi (rires) ! J'essaie de bosser le plus possible aussi à la salle de sport. Mais la tronche de mes mains n'est pas la conséquence de mon boulot à la salle. Seulement de mon travail au golf.

Débiles ou brillantes

(Sébastien Vincent/D.R)
(Sébastien Vincent/D.R)
Je pense que les mains développent une certaine forme d'intelligence. Surtout au putting et au petit jeu. Avec tous les exercices qu'on réalise, ne serait-ce qu'au putting green pour faire partir la balle en ligne ou autre, les mains apprennent en même temps que nous-mêmes. Dans le swing, les mains sont parfois capables de rattraper des erreurs sans même qu'on en soit conscient. Du coup, je ne sais pas si elles sont extrêmement intelligentes ou complètement débiles. Elles ont l'intelligence de rattraper l'erreur de swing. Mais elles sont aussi un peu bêtes puisque rattraper l'erreur n'aidera pas à bien régler le problème un peu plus profond que le swing peut avoir.

Serrer les dents, mettre des gants

Je fais de temps en temps saigner mes mains à l'entraînement. On voit presque la “viande”. Là, ça fait mal... Je serre les dents et mets parfois deux gants au practice. Lorsque j'ai un gant sur chaque main à l'entraînement, c'est que mes mains crient grâce. Une fois j'ai même dû enfiler deux gants sur chaque main tant j'avais mal. Ce “pansement” me permet de continuer à travailler même si mes mains veulent prendre un jour de congé. Je n'ai pas le choix avec mon swing pourri (sourire).»

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