Dugarry : «J'ai marqué le premier but, je voulais marquer le dernier...»
avant-première abonnés
...
(A. De Martignac/L'Equipe)
Foot France 98 (1/4)

Christophe Dugarry : «J'ai marqué le premier but, je voulais marquer le dernier...»

Les semaines qui ont précédé la Coupe du monde ont été les pires de sa carrière. Il encaisse sifflets et critiques avant de marquer le premier but des Bleus dans la compétition. Une période folle, de souffrance.

Les semaines qui ont précédé la Coupe du monde ont été les pires de sa carrière. Il encaisse sifflets et critiques avant de marquer le premier but des Bleus dans la compétition. Une période folle, de souffrance.

«Vous vous souvenez de cette lettre (voir ci-dessous) ?
Non, mais c'est mon écriture... (Il lit, semble ému.)

Vous vouliez vous expliquer sur votre jeu...
C'était une façon d'appeler à l'aide. De dire aussi : "Laissez-moi tranquille ! " et "Écoutez-moi ". Faut quand même dire qu'à cette époque je me suis fait défoncer. Je fais cette lettre pour me raccrocher aux branches, pour demander de ne pas être trop dur avec moi. Je sais bien que je suis capable de faire des choses extraordinaires, mes coéquipiers me l'ont dit, mais je ne l'ai pas fait assez (il rit). Jusqu'à l'annonce de la liste (28 noms sont donnés le 5 mai 1998, ramenés à 22, le 22 mai), je comprenais que des gens ne veuillent pas que je sois retenu. Je ne marquais pas assez de buts - c'est une réalité -, certains en marquaient plus que moi, c'était aussi une réalité. Mais je pensais qu'on me laisserait tranquille une fois la liste donnée. Et, en fait, dès qu'elle est tombée, ç'a été pire. Là, tu cherches quoi ? Les mecs qui sont à la maison sont à la maison, les mecs qui sont choisis, ils sont là. Et tu fonces... Mais cela relevait de l'acharnement.

Il y avait deux sortes de critiques : sur votre inefficacité et sur votre relation privilégiée avec Zidane. Vous vous en souvenez...
Forcément, c'était le pire moment de ma carrière. Avant ou après le Mondial, je ne sais plus, je me souviens d'avoir croisé Jamel Debbouze au Barfly (un ancien bar très couru, proche des Champs-Élysées). Il avait fait un sketch dans Nulle part ailleurs où il était entré en plateau avec le maillot d'Anelka sur le dos et une mitraillette en disant : "Il est où Dugarry, il est où Dugarry ?" Quand il m'a vu, il était un peu gêné, s'est excusé et m'a dit : "Ça fait partie du sketch." Je lui ai dit : "Je ne t'en veux pas, c'est ton pote"... Mais tout ça, c'était trop. Tu ne pouvais pas allumer une télé, une radio, ouvrir un journal sans qu'on parle de moi...

Au tournoi Hassan-II, avant le Mondial, Zidane avait déclaré n'être pour rien dans votre sélection. Vous le lui aviez demandé ?
Certainement pas. C'est lui qui a pris les choses en main. Il était gêné et vexé aussi, autant pour moi que pour lui, qu'on pense qu'il puisse être un manipulateur. Et puis, s'il avait dit : "Je veux Dugarry ", ç'aurait pu être au détriment d'Anelka. Et même si Zizou est mon ami, il n'aurait pas aimé recroiser Anelka, qui aurait pu lui dire : "T'es un enfoiré , t'as choisi Duga..." Zizou, il n'est pas comme ça. Et je n'aurais pas aimé le mettre en porte-à-faux.

Le dimanche qui suit Finlande-France, nous avions eu une longue conversation au téléphone. Vous étiez meurtri et envisagiez de

...

Pour lire la suite, découvrez notre offre spéciale

Vous avez souscrit à l'offre Pack 10 articles

1€ le premier mois d'abonnement*

puis 9,99€/mois sans engagement
offre valable du 1 juillet au 31 août 2018

j'en profite

* voir conditions

Il vous reste :
- articles à utiliser

Débloquer cet article
tous les commentaires
commenter cet article
Commenter cet article  (Pour commenter, vous devez vous inscrire)

 

Votre commentaire - 500 caractères restants

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais après modération
En poursuivant votre navigation sur www.lequipe.fr, vous acceptez les CGU ainsi que l'utilisation de cookies et de technologies similaires, y compris celle de partenaires tiers, pour vous proposer des contenus pertinents et des publicités ciblées en fonction de vos centres d'intérêts.
En savoir plus sur les cookies.   Afficher les CGUs.