Foot Bleus

Rivalité ou amitié de novembre entre l'Allemagne et la France ?

Deux ans après les attentats survenus à Paris, l'Allemagne et l'équipe de France se retrouvent ce mardi (20h45) à Cologne pour un match amical. Presqu'une habitude pour ces deux pays à cette période de l'année. Mais est-ce vraiment un hasard ?

Football - Matches amicaux A - Le 13 novembre 2015, Français et Allemands ont appris pour les attentats ensemble.  (AFP)

Le 13 novembre 2015, Français et Allemands ont appris pour les attentats ensemble. (AFP)

Comme trois des sept dernières confrontations entre l'équipe de France et l'Allemagne, celle de ce mardi (20h45) à Cologne se tiendra à une période de l'année particulière pour ces deux pays. Est-ce un hasard si ce match amical a été programmé quasiment deux ans jour pour jour après les attentats terroristes qui avaient frappé Paris, au moment même où les Bleus affrontaient la NationalMannschaft au Stade de France ? Une simple coïncidence si les deux nations autrefois rivales politiques ont souvent opté pour un calendrier sportif commun à proximité du jour de l'armistice de la Première Guerre mondiale, le 11 novembre 1918 ?

«On peut trouver plein de parallèles avec l'histoire, répond Gernot Rohr, le sélectionneur franco-allemand du Nigeria. Mais si on veut parler d'anniversaire, si on veut chercher des comparaisons, précise le technicien, il fallait attendre encore un an, pour fêter le centenaire» de la Grande Guerre.

«Les gens se souviennent de ce qu'il s'est passé, mais tout le monde essaye de ne pas y penser»

Pour les plus anciens, comme Uli Köhler, journaliste depuis plusieurs décennies et aujourd'hui chez Sky Allemagne, cela ne fait aucun doute que cette date n'a absolument rien à voir avec le passé tragique des deux pays. «L'Allemagne et la France sont amis maintenant. C'est très important pour l'Europe. Il y a eu bien d'autres combats depuis la Première Guerre mondiale, à commencer par la Seconde, rappelle ce francophile sexagénaire, par ailleurs spécialiste du Bayern Munich. Les gens se souviennent de ce qu'il s'est passé, à commencer par les attaques à Paris, j'y étais, mais tout le monde essaye de ne pas y penser.» Avant sa conférence de presse, lundi, Didier Deschamps a quand même ressenti le besoin de rendre hommage aux victimes du 13 novembre 2015. «C'est très bien ce qu'il a fait, estime Köhler, parce que personne n'a oublié.» Pour autant, la raison principale de cette rencontre semble purement sportive.

Une date libre, un déplacement pas trop loin

«C'est exprès si on a choisi cet adversaire, de niveau égal. Il s'agira d'un match test pour se préparer (à la Coupe du monde), on le jouera avec cette idée-là, avait affirmé un peu plus tôt le capitaine allemand, Toni Kroos. Ça nous permettra de nous comparer à lui.» Gernot Rohr avance deux autres explications pour justifier cette énième affiche de prestige en fin d'année. «C'est un hasard de la programmation parce qu'il y a toujours une date libre pour les matches amicaux en novembre. Il n'y en a plus en décembre, ni en janvier, ni en février, relève le technicien. Je pense aussi que les équipes évitent en période hivernale des trop grands déplacements. On préfère jouer près de chez soi dans un climat comparable.»

Il reste qu'à chaque match entre l'équipe de France et l'Allemagne, personne ne pourra empêcher les souvenirs, plus ou moins bons, de remonter à la surface. Ils sont tellement nombreux que c'est ancré dans les mémoires. L'ancien entraîneur de Nice est bien placé pour le savoir, lui le petit-neveu d'Oskar Rohr, international allemand dans les années 30, premier joueur pro du pays lorsqu'il a signé à Strasbourg, contre l'avis de sa famille, et plus tard déporté dans le camp de concentration de Kislau pour avoir combattu les Nazis.

«Il n'y a pas longtemps, j'ai vu un film sur Arte (Ziemlich beste feinde) sur les petites histoires du foot franco-allemand. J'étais personnellement concerné. Celle de mon grand-oncle y était racontée. Dans ma famille, on a connu des expériences bien avant moi dans la rivalité franco-allemande, indique l'ancien Girondin, longtemps sifflé à l'extérieur en Division 1, après l'élimination des Bleus à Séville par l'Allemagne en demi-finales du Mondial 1982. Ces évènements ont créé beaucoup d'émotions.» Qui aujourd'hui font toujours mal quand on en parle.

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