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«L'institution doit être plus forte» à Metz pour Philippe Hinschberger

Philippe Hinschberger, limogé en octobre dernier par Metz, relégué, pointe le manque de fermeté de la direction vis-à-vis des joueurs.

Football - Ligue 1 - Philippe Hinschberger a quitté Metz au mois d'octobre 2017. (A.Reau/L'Equipe)

Philippe Hinschberger a quitté Metz au mois d'octobre 2017. (A.Reau/L'Equipe)

«Après vos évictions du Havre (2005), de Niort (2007), de Laval (2014) et de Créteil (2014), celle de Metz est-elle la plus douloureuse ?
J'y ai passé toute ma carrière de joueur (milieu, 1977-1992) et j'y suis revenu comme entraîneur un peu pour boucler la boucle. Cela a donc été dur de partir alors que je pensais pouvoir encore apporter. Mais ça l'a été à chaque fois, car on passe d'une méga-activité au néant. Ce qui me met surtout les boules, c'est que j'étais en L 1, alors que je suis catalogué comme un coach de L2 et qu'à mon âge (58 ans), ce sera compliqué d'y revenir. Je dois toutefois défendre mon bilan : je suis arrivé en décembre 2015, on est remontés en 2016 et on s'est maintenus, ce qui n'était plus arrivé au club depuis la période 2003-2006. Et avec moi, le club a empoché plus de 25 M€ en ventes de joueurs (Ismaïla Sarr, Falette, Doukouré...), le record de son histoire !

«La direction lorraine doit appuyer pleinement son coach en cas de conflit avec les joueurs»

Justement, regrettez-vous de ne pas avoir assez réagi lors du mercato estival, face à l'affaiblissement de l'effectif ?
Oui, mais je doute que ça aurait eu une incidence. C'est sûr que quand tu perds ton meilleur défenseur (Falette), remplacé par Wollscheid, une énigme (reparti dès cet hiver) et que tu subis au total une douzaine de mouvements dans les deux sens en août, avec des attaquants qui n'arrivent que fin août, dont un autre point d'interrogation, Bryan Fernandez (lui aussi déjà reparti), tu saisis la différence avec la saison précédente. En 2016, après l'accession, l'effectif était constitué avant la première journée et ça change tout. Cette fois, il y a eu un manque de continuité.

Que pensez-vous des propos de votre successeur, Frédéric Hantz, qui a déclaré, après la relégation : «Tout n'a pas été mis en œuvre. J'ai vu des choses dans le vestiaire que je n'ai jamais vues en vingt ans de carrière et ça me révolte» ?
Je partage ses impressions. Quand tu recrutes des gens avec une certaine personnalité et un CV imposant, tu attends beaucoup d'eux et tu es parfois déçu. Alors il est important que tes dirigeants te soutiennent quand il y a des problèmes d'ego et de comportement. Ça n'a pas toujours été le cas pour moi, comme pour Fred. L'institution doit être plus forte. La direction lorraine doit appuyer pleinement son coach en cas de conflit avec les joueurs. Et sa priorité absolue doit être de se doter d'un nouveau centre d'entraînement (le projet est en cours, ndlr). Car avec ces conditions obsolètes, les gars ont souvent tendance à se plaindre, ce qui crée des tensions. En plus, ça plombe l'attractivité du club...

Comment voyez-vous votre avenir ?
Je suis ouvert à tout, même à l'étranger, où des agents m'ont proposé certaines choses (Maroc, Chine, Belgique...). J'estime avoir acquis un certain savoir-faire et avoir beaucoup progressé, surtout en goûtant à la L 1. Alors j'espère trouver un bon club de L 2 qui a envie de remonter. Je n'ai pas de prétention, mais la certitude de pouvoir apporter mon expérience et ma sérénité.»
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