Offredo : «Je n'aime pas m'échapper»
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Yoann Offredo, samedi matin, devant la porte du Pullman de son équipe, Wanty-Groupe Gobert, à Noirmoutier-en-l'île. (F. Mons/L'Equipe)
Tour de France

Yoann Offredo : «Je n'aime pas m'échapper»

Coureur ambivalent, attachant, classieux, le rouleur de l'équipe belge Wanty-Groupe Gobert, qui a pourtant encore fugué lors de la première étape du Tour, samedi, se raconte. Sans détour.

Coureur ambivalent, attachant, classieux, le rouleur de l'équipe belge Wanty-Groupe Gobert, qui a pourtant encore fugué lors de la première étape du Tour, samedi, se raconte. Sans détour.

CHOLET (Maine-et-Loire) - Vendredi, à l'hôtel Kyriad au centre-ville de Cholet où séjourne l'équipe belge Wanty-Gobert. Sur le parking, les mécanos s'affairent sur les vélos, perchés sur des étriers de métal. Le Tour n'est pas encore lancé. Les commentaires de France-Uruguay se mêlent, par les fenêtres, à la tiédeur de l'été. Dans un recoin obscur du restaurant, le team-manager, Hilaire Van der Schueren, consulte, crayonne son road-book, stylo en main. «Avec cette chaleur, nous dit-il, ce début de Tour sera très dur, les premières étapes meurtrières.» Yoann Offredo, trente et un ans, l'écoute distraitement, visage diaphane, regard intense, sourcils parfaitement dessinés - épilés ? Sur ses jambes fines et galbées, courent des veines claires, bleutées. Son corps maigre, proche de l'anorexie, flotte sous le tee-shirt noir de sa marque.

«Regardez, nous lance-t-il en se pinçant le ventre, pas un pet de graisse, je suis comme Froome... La réussite en moins.» Le ton est donné. Offredo aime discuter, échanger, lire aussi, le soir, des romans, des polars pour «ne pas penser» et se distraire d'un métier qui lui pèse. «Je suis ici dans la plus grande course au monde, mais souvent je n'ai qu'une envie, nous dit-il, prendre ma valise et rentrer chez moi.» Plus tard, dans la conversation, il avouera qu'il ne sait pas «s'il aime le vélo tant que ça». Quant au Tour ? Il n'en attend rien. «Ou alors, qu'il change ma vie.» Mais dit-il la vérité ? Ou simplement la sienne ? Sur une carrière singulière qu'il envisage comme un long road-movie à l'image de ces échappées sans fin qu'il mène sur le Tour, comme samedi, lors de la première étape, où il a fugué une bonne partie de la journée en compagnie de Kévin Ledanois et de Jérôme Cousin.

«L'an dernier, vous aviez abordé le Tour, votre premier Tour, sur le tard, avec appréhension. Cette peur vous paralyse-t-elle encore ?

Oui, toujours, mais si j'ai longtemps été réticent à courir le Tour, c'est parce que j'avais peur de ne pas être à la hauteur, peur de craquer, je manquais de confiance en moi, au départ de Düsseldorf (en Allemagne, l'an dernier). Je ne savais rien du parcours, je voulais vivre au jour le jour. Au premier briefing, le matin, quand Hilaire avait demandé qui voulait aller en échappée, je n'avais pas levé la main. D'abord, je n'aime pas m'échapper, et puis, à Düsseldorf, j'ai entendu la fanfare, les clairons, c'était l'été, le Tour, c'était très gai, avec le public allemand, tout cela m'a inspiré...

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