«Je vois les douaniers, je sens que c'est mal barré»
issu du journal
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C'est à cet endroit que l'affaire Festina a commencé, au niveau de la « petite frontière » de Neuville-en-Ferrain. C'est là, au lieu-dit Le Dronckaert, que Willy Voet se fait arrêter par la douane française. Le soigneur de Festina arrivait de Belgique le coffre rempli de produits dopants... (Jelle Vermeersch/Bahamontes)
Cyclisme Série (1/4)

Willy Voet : «Je vois les douaniers, je sens que c'est mal barré»

Le 8 juillet 1998, trois jours avant le départ du Tour de France à Dublin, Willy Voet, le soigneur de l'équipe Festina, est arrêté à la frontière franco-belge. Dans sa voiture, un arsenal de produits interdits. Un des plus grands scandales de dopage de l'histoire est lancé.

Jean-Pierre Bidet

Le 8 juillet 1998, trois jours avant le départ du Tour de France à Dublin, Willy Voet, le soigneur de l'équipe Festina, est arrêté à la frontière franco-belge. Dans sa voiture, un arsenal de produits interdits. Un des plus grands scandales de dopage de l'histoire est lancé.

Willy Voet les a vite repérés. Et il a tout de suite compris. 8 juillet 1998, 6h30. Le soigneur belge de l'équipe Festina se rend à Calais, où il doit embarquer sur le ferry pour l'Irlande. Dans trois jours, le Tour de France va s'élancer de Dublin. Voet a choisi, au dernier moment, de quitter l'autoroute de Gand à Lille pour passer par « la petite frontière ». La petite frontière, c'est la D 78, qui traverse Neuville-en-Ferrain au lieu-dit Le Dronckaert, passage bien connu des trafiquants de la région.

Au volant de sa Fiat Marea décorée aux couleurs de Festina, Voet est tranquille. Cet endroit, l'ancien coureur amateur devenu masseur puis homme à tout faire y est passé des dizaines de fois depuis qu'il traîne sa bosse dans le peloton. D'ailleurs, tout est calme. Ou presque. « En arrivant vers la frontière, il y a un mec qui me demande de m'arrêter, se souvient-il. C'est un douanier. Là, je sens que c'est mal barré parce qu'au bord de la route, dans les buissons, il y en a trois autres planqués dans une fourgonnette. » Il obtempère. « Ils ne m'ont même pas réclamé mes papiers, rien ! Ils ont juste sauté sur ma bagnole sans demander ce que je transportais. Ils savaient où ils allaient. Là, je me suis dit : je suis mort. »

Dans le coffre, deux sacs isothermes, un bleu et un rouge. À l'intérieur, un arsenal de produits dopants : 235 ampoules d'EPO, 82 flacons d'hormone de croissance, 60 doses de testostérone, des amphétamines, des corticoïdes, des fluidifiants sanguins, des seringues, du sérum physiologique... Voet essaie de temporiser. Mais cette fois, pas question d'amadouer les fonctionnaires avec un maillot ou une casquette. « J'essaie de noyer le poisson, de ne rien dire pour mon équipe qui est en Irlande pour gagner le Tour. Mais ça ne marche pas, les mecs ne sont pas nés d'avant-hier. »

Au début, un sentiment d'impunité

Direction les locaux de la douane à Halluin. Voet y passe la journée avant son transfert dans la soirée au SRPJ de Lille, où il est placé en garde à vue. Et où, malgré l'ampleur de la découverte, il va commencer par se taire. Il faut attendre deux jours pour que les premières fuites traversent la Manche et arrivent en Irlande, où le Tour fait escale pour la première fois. « On assistait à la présentation des équipes et, petit à petit, on a vu s'accumuler des médias, des caméras, raconte la ministre de la Jeunesse et des Sports de l'époque, Marie-George Buffet. On sentait qu'il se passait quelque chose. Le directeur du Tour a envoyé quelqu'un se renseigner et c'est là qu'on a appris l'arrestation de Willy Voet. Ce que mes collaborateurs se sont vite fait confirmer. »

Le 10 juillet, dans la soirée, Jean-François Pescheux, le directeur de l'épreuve, appelle le directeur sportif de Festina, Bruno Roussel (1), lequel...

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