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Aérobie ou anaérobie ?

Aérobie, anaérobie... Des termes que l'on entend (très) souvent quand on parle de sport. De quoi s'agit-il exactement ? L'éclairage de Corinne Molinaro, responsable du parcours Entraînement Sportif à l'UFR STAPS de Caen et directrice du laboratoire CESAMS EA 4260 (Université de Caen Normandie).

Tous sports - Julien Giovanella -

Avant de parler d'aérobie ou d'anaérobie, il faut resituer la question : pourquoi s'entraîner ? Plusieurs réponses sont possibles : pour être capable d'effectuer plusieurs répétitions d'une action ou d'un geste efficace, pour être endurant pour un effort donné ou pour continuer les mouvements nécessaires avec intensité et efficacité.

Pour toutes ces raisons, il faut renouveler ses apports en énergie (dans l'organisme, on parle d'ATP ou Adénosine Triphosphate, petite molécule capable de fournir de l'énergie à nos muscles).

La principale différence entre les deux ? L'utilisation ou non de l'oxygène

L'organisme dispose de deux grands moyens pour fabriquer de l'énergie par un ensemble de réactions chimiques : les métabolismes aérobie et anaérobie. La principale différence entre les deux est l'utilisation ou non de l'oxygène apporté par la respiration.

Le métabolisme anaérobie, avec deux variantes (alactique ou lactique), intervient dès le début de l'exercice et peut fonctionner en l'absence d'oxygène. Il est directement optimal pour l'alactique (mais d'une durée très courte) et avec un délai d'une dizaine de secondes pour le lactique.

L'alactique permet un apport explosif d'énergie (utile pour les sauts, lancers, sprints courts, etc.). Ce métabolisme (mis en route dès le début) libère une très grande puissance en un temps très court (moins de 10 secondes). Le facteur limitant est l'épuisement des réserves locales en ATP.

L'anaérobie lactique prend ensuite le relais : sa puissance est un peu plus faible mais sa capacité plus importante (utilisé dans les 200 m, 400 m, les sports collectifs qui enchaînent des accélérations, certains efforts intermittents, etc.). Il ne nécessite pas d'apport spécifique en oxygène et utilise principalement des glucides. En fabriquant de l'ATP, il produit également de l'acide lactique (souvent appelé lactate), qui pourra être recyclé dans le métabolisme qui, ensuite, devient dominant : le métabolisme aérobie.

Le métabolisme aérobie libère de l'énergie de façon relativement lente mais régulière. C'est un réservoir quasi inépuisable qui mobilise différents substrats (glucides et lipides principalement). Il permet des efforts longs mais pas à puissance maximale et on parle alors d'endurance.

La courbe de Howald (1974) montre que les métabolismes aérobie et anaérobie sont présents dès le début d'un exercice sportif et que leur fonctionnement optimal s'enchaîne, permettant à l'organisme de poursuivre son effort mais avec moins d'intensité au fil du temps. Ces métabolismes se régénèrent, ce qui permet d'accélérer à nouveau en fin de course, par exemple. L'oxygène intervient seulement à la fin des réactions métaboliques. Cependant, plus le système lié au transport de l'oxygène est performant, plus vite le sportif pourra récupérer.

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