Biathlon

Martin Fourcade : «J'ai encore des belles choses à aller chercher»

Le quintuple champion olympique et toute l'équipe de France sont, jusqu'à la fin de la semaine, en stage de reprise en Haute-Loire. Martin Fourcade est prêt à relever de nouveaux défis.

Biathlon - FOURCADE Martin (FRA) - Martin Fourcade est prêt à relever de nouveaux défis. ( F.Seguin/ L'Equipe)

Martin Fourcade est prêt à relever de nouveaux défis. ( F.Seguin/ L'Equipe)

«C'est une reprise particulière pour vous avec deux nouveaux coaches et en particulier Vincent Vittoz. Un choix qui a pu surprendre...
Je suis très heureux de l'accueillir dans le monde du biathlon. C'est un athlète que j'ai énormément admiré quand j'étais jeune et qui a fait ses preuves en tant qu'entraîneur à des niveaux inférieurs (il a été coach de l'équipe de France de ski de fond moins de 23 ans). Ça faisait partie de ma volonté et de celle d'une partie du groupe d'avoir quelqu'un qui vienne de l'extérieur avec un discours différent de Stéphane (Bouthiaux, désormais responsable du ski nordique à la FFS). Il faut se servir de ce changement pour insuffler un nouveau rythme et une nouvelle dynamique. L'arrivée de Franck (Badiou) il y a deux ans a fait énormément de bien du côté du tir et je suis persuadé que celle de Vincent va produire la même chose du point de vue physique.

Dans quelle mesure avez-vous été moteur dans ce choix ? 
J'ai dit à la Fédération que je ne souhaitais pas choisir le coach, ça aurait été malhonnête vis-à-vis des autres athlètes du groupe. En revanche, j'ai posé des conditions : quelqu'un qui ait une expérience du plus haut niveau, en tant qu'athlète ou entraîneur et quelqu'un qui ne vienne pas du monde du biathlon. Je n'étais pas fermé à une collaboration étrangère. Vincent avait donc le profil idéal pour le poste.

 L'hiver dernier, vous avez souvent dit que votre niveau de ski de fond était moins élevé que celui de 2017. C'est aussi pour ça que vous l'avez choisi ? 
Clairement, pour retrouver mes sensations de 2017, voire progresser encore. L'an dernier, je faisais partie des deux meilleurs skieurs du circuit avec une marge confortable sur les autres mais à plusieurs reprises, Johannes (Boe) était devant moi. Je veux retrouver cette aisance sur les skis qui m'a manqué cette année et qui s'explique : il y a eu beaucoup de sollicitations, j'ai été blessé au poignet une grande partie de l'été, je n'ai pas pu travailler exactement comme je le souhaitais et ça s'est ressenti l'hiver.

«Il n'y aura pas de révolution»

Quels étaient vos rapports avec Vittoz depuis sa retraite en 2011 ?
Très cordiaux mais on ne peut pas parler d'une relation très proche parce qu'on se voyait peu. Malgré tout, j'étais avec lui aux Jeux de Vancouver et en équipe de France militaire, je le connais, ça n'est pas une rencontre pour moi comme pour d'autres membres de l'équipe.

Qu'attendez-vous de lui ? 
Il va y avoir des changements, il y en a déjà, c'est indéniable. Mais il n'y aura pas de révolution, on n'a pas atteint ce niveau en faisant des choses farfelues. Même si Vincent a certaines croyances différentes de celles de Stéphane, il a une philosophie de l'entraînement et du ski assez proche. Mais il y aura des nouveaux exercices, des changements assez radicaux en musculation, avec une approche plus progressive que celle de Stéphane. Vincent veut faire perdurer le volume au-delà du mois de septembre alors que Stéphane ralentissait vraiment les heures. Mais ce que j'ai dit à Vincent la première fois qu'on s'est rencontrés, c'est que si je souhaitais un nouveau coach, c'était pour adhérer à son projet, sinon je serais allé m'entraîner tout seul. J'espère qu'il ne tombera pas sur un vieil athlète blindé de certitudes et qui pense qu'il ne peut pas fonctionner différemment que ce qu'il fait depuis dix ans. Mais je n'ai aucune inquiétude, les débuts sont très agréables avec une bonne dynamique de travail.

Dans quel état physique abordez-vous cette saison ? 
Je n'ai pas refait la même erreur qu'après Sotchi, où je m'étais épuisé. Là, je me suis reposé en avril sans faire de sport et je suis rentré de vacances avec un oursin dans le pied qui m'a empêché de reprendre sur un rythme effréné. C'était un mal pour un bien, j'ai fait ça en douceur sur des sports moins traumatisants, le vélo, la natation. Là, je repars ressourcé. Si je fais attention à respecter mes rythmes ces prochaines semaines, il n'y aura aucun souci.

Qu'est-ce qui va vous faire courir cet hiver ? 
Je mentirais si je disais que je m'approche plus du début que de la fin. Après les Jeux, je me suis posé la question de savoir si je continuais et je suis persuadé de ne pas avoir fait le tour de mon histoire, j'ai encore des belles choses à aller chercher. Cet hiver, il y a une tournée américaine qui me fait énormément envie sur des sites que je vais découvrir à 32 ans, la Coupe du monde revient au Grand-Bornand en décembre 2019. Je ne veux pas lancer des objectifs comptables mais ne pas dire que je veux gagner le classement général (ce serait son huitième d'affilée) et être encore champion du monde, ce serait renier ce que je fais depuis dix ans. Je me battrai sur tous les fronts pour toujours gagner, tout au long de la saison.»

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