À la recherche du Owens français
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Aux Jeux de Berlin, Jesse Owens remporte le 100m, 200m, 4x100m et la longueur. Ses victoires poussentJacques Goddet, rédacteur en chef du quotidien L'Auto, à monter une expédition en Afrique pour trouver un talent similaire. (L'Equipe)
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À la recherche du Owens français

Il y a quatre-vingts ans, le journal L'Auto et la Fédération française d'athlétisme montaient une expédition en Afrique. But : dénicher l'équivalent tricolore du héros des Jeux de 1936.

Il y a quatre-vingts ans, le journal L'Auto et la Fédération française d'athlétisme montaient une expédition en Afrique. But : dénicher l'équivalent tricolore du héros des Jeux de 1936.

ANCIEN CARGO TRANSFORMÉ EN « MAGNIFIQUE PAQUEBOT » par la compagnie maritime des Chargeurs Réunis, le Foucauld assure la liaison entre Bordeaux et Dakar, avec escale à Madère.

Ce vendredi 3 décembre 1937, au milieu des fonctionnaires de l'administration coloniale, des officiers en uniforme kaki et casques de liège, des commerçants dont les marchandises encombrent le pont et les coursives, et des prospecteurs et autres aventuriers qui n'ont pu s'acheter qu'un billet aller, trois passagers embarquent pour une expédition hors du commun : Georges Etling, vice-président de la Fédération française d'athlétisme (FFA), Gaston Frémont, secrétaire de la commission technique de la FFA, et le lieutenant-colonel à la retraite René Martin partent en Afrique occidentale à la recherche d'un spécimen rare: le futur Jesse Owens français.

« Qu'attendons-nous pour rechercher dans la brousse de nos colonies les sujets qui nous représenteront dignement (...) en attendant que la race française veuille bien consentir à s'occuper de sa propre santé », fait semblant de s'interroger Jacques Goddet, rédacteur en chef du journal L'Auto (ancêtre de L'Équipe), qui sponsorise cette très officielle « Mission FFA L'Auto ».

De «Tintin au Congo» à «Au coeur des ténèbres»

Du 3 décembre 1937 au 15 janvier 1938, pendant quarante-trois jours, au Sénégal puis au Soudan français (l'actuel Mali), le périple de messieurs Etling, Frémon et Martin démarre comme une version athlétique de «Tintin au Congo» (paru six ans plus tôt), mais se poursuit vite dans une ambiance plus glauque digne de «Au cœur des ténèbres» de Joseph Conrad.

Pour l'historien du sport Stanislas Frenkiel, spécialiste de cette période, « six ans après l'Exposition coloniale internationale de Paris vue par huit millions de visiteurs, la France de la IIIe République baigne toujours dans cette culture de la mission évangélisatrice : le Noir, plus fort naturellement, mais moins intelligent, doit apprendre du Blanc. »

Sur les pistes d'athlétisme, c'est plutôt le Blanc, a fortiori blond, qui prend une leçon. En organisant les Jeux Olympiques 1936, les nazis espéraient voir...

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