Ski freeride

«Sail and ski», le trip ultime entre mer et montagne ?

Imaginez : naviguer dans le calme absolu des fjords du grand nord norvégien, puis charger les skis sur des zodiacs et faire la trace sur une face vierge de toute présence humaine, en compagnie de certains des meilleurs riders du monde. Serait-ce l'expérience ultime pour un skieur ?

Ski freeride - Ski freeride - Un trip de rêve entre mer et montagne en Norvège. (Bård Basberg/D.R)

Un trip de rêve entre mer et montagne en Norvège. (Bård Basberg/D.R)

Les riders ont des rêves. Des songes aux contours de pentes vierges et de neige aussi légère que de la poussière. Ces rêves-là s'incarnent parfois dans la perspective d'une dépose en hélicoptère sur les sommets de l'Alaska. Ils se matérialiseront peut-être par des bains de « japow », ces mètres de neiges poudreuses que l'on ne trouve que dans le nord du Japon. Et pour certains d'entre nous, l'expérience ultime se déroulerait entre mer et montagne, dans le grand nord de l'Europe.

Naviguer en mer de Norvège, voguer de fjord en fjord de la petite ville d'Alta à Tromsø à la recherche des plus belles pentes à skier. Voilà le morceau de rêve dans lequel nous a embarqués l'équipementier Helly Hansen, dont l'ADN est à mi-chemin entre l'océan et les sommets.

La montée face aux couleurs dorées de la lumière du soir a quelque chose de magique. (Bård Basberg/D.R)
La montée face aux couleurs dorées de la lumière du soir a quelque chose de magique. (Bård Basberg/D.R)

Les fjords du nord de la Norvège n'appellent pas vraiment à la performance, ni à la prise de risque en descente. Ils invitent à la contemplation. L'expérience est peuplée de ces instants magiques dont on sait tout de suite qu'ils resteront à vie. La vue à 360° du sommet du Kågstinden avec son alternance de pentes neigeuses et de bras de mer. Le plaisir de chausser sur la plage et de faire le dernier virage à quelques mètres de l'eau. La lumière qui baisse derrière les massifs, les couleurs ocre et rouge qui ne laisseront jamais la place à l'obscurité : à cette latitude et à cette époque, c'est le jour permanent. Il ne fait jamais nuit. Et cela a un petit côté pratique : 21h bien sonnés, si une pente attrayante se laisse apercevoir, il est toujours temps de rejoindre les zodiacs et de partir pour quelques heures de ski de randonnée. Bien peu d'endroits dans le monde offrent la possibilité d'atteindre un sommet à 23h, d'y profiter d'un panorama hors du commun et de redescendre, sans l'appui d'une frontale, jusque sur la plage.

Le jour permanent permet de partir skier à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit ! (Bård Basberg/D.R)
Le jour permanent permet de partir skier à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit ! (Bård Basberg/D.R)

On en perd la notion du temps : peu importe l'heure, tout est toujours possible ou presque. De retour sur le voilier, la navigation est douce. Le vent porte l'embarcation à 15 nœuds sur l'eau calme des fjords. Il y a bien ces quelques passages hors de la protection des terres qui nous font découvrir ce qu'est la navigation sportive. Là, on s'active sur le pont aux ordres du capitaine, à manier vigoureusement les winchs pour anticiper les caprices du vent et avancer le plus sereinement possible vers la prochaine ascension. Alors, le calme du fjord retrouvé, l'esprit peut à nouveau vagabonder. On accoste sur la petite île de Loppa pour une nuit. Quelques baraques vides peuplent la côte.

On s'y promène jusqu'à apprendre qu'un seul habitant occupe les lieux en hiver. Gardien de circonstance. Une route traverse l'île de part en part.

L'unique route de la petite île de Loppa. (Bård Basberg/D.R)
L'unique route de la petite île de Loppa. (Bård Basberg/D.R)

On l'emprunte, simplement parce qu'ici il n'y a qu'un seul choix : le reste n'est qu'une vaste étendue d'herbe brûlée par les vents. On l'emprunte sans but précis, simplement pour jouir un peu plus de la chance d'accéder à ces lieux isolés, oubliés de la civilisation.

L'île de Loppa sur laquelle nous accostons ne compte qu'un seul habitant durant l'hiver. (Bård Basberg/D.R)
L'île de Loppa sur laquelle nous accostons ne compte qu'un seul habitant durant l'hiver. (Bård Basberg/D.R)

Pour parfaire cette belle équation, la marque a convoqué à bord des deux voiliers de « Sail Norway » trois de ses plus probants ambassadeurs. La skieuse américaine Kaytlin Richardson, le freerideur norvégien Denis Risvoll et l'incontournable Aurélien Ducroz, double vainqueur du Freeride World Tour et finisher de la Route du Rhum à la voile. En voilà un qui ne sera pas dépaysé devant les somptueux paysages du grand nord.

Aurélien Ducroz a un itinéraire plutôt original. Celui d'un jeune Chamoniard, d'abord sauteur à skis que le haut niveau et le fonctionnement fédéral ont découragé de la quête de l'olympisme. Celui, ensuite, d'un des meilleurs freerideurs du monde qui est allé chercher sur les plus belles faces de la planète ce que les sautoirs n'ont pu lui apporter. Plus de liberté, de médiatisation et moins de rigidité. Mais toujours une grosse dose de compétition.

Car Aurélien Ducroz est avant tout un compétiteur. Mettez-le sur un voilier au milieu du lac Léman pour un événement promotionnel, le voilà qui se prend au jeu et qui veut devenir un des meilleurs navigateurs du monde. De l'arrogance ? Plutôt de l'ambition. Aurélien Ducroz a travaillé dur sur l'eau pour maitriser sa nouvelle discipline, mais aussi derrière son ordinateur pour trouver des sources de financement. Un voilier coûte un peu plus cher qu'une paire de skis.

Aurélien Ducroz a beau avoir les chaussures de skis aux pieds, il garde toujours un oeil sur l'océan. (Bård Basberg/D.R)
Aurélien Ducroz a beau avoir les chaussures de skis aux pieds, il garde toujours un oeil sur l'océan. (Bård Basberg/D.R)

Alors quand Aurélien Ducroz se prête à l'expérience «Sail and ski», il est sur tous les fronts. Devant à faire la trace à la montée avec les plus rapides d'entre nous dans le vertical. En première ligne pour lire le meilleur itinéraire de descente. Et sur le pont lorsqu'il est temps de mettre les voiles de retour de la sortie quotidienne à skis. Taiseux, plutôt discret, le Chamoniard dénote de ses deux acolytes skieurs professionnels. Quand l'Américaine occupe les discussions et publie ses « storys », quand le Norvégien monte tête baissée, droit dans la pente, pour aller chercher les plus beaux drops où poser ses backflips, Aurélien Ducroz se comporte en montagnard. Humble, sobre et efficace au pays des merveilles.

Quatre jours et quatre nuits hors du monde. Le retour à la civilisation est compliqué. Car c'est le principal enseignement de cette expérience «sail and ski» : si loin des massifs courus des Alpes, si loin des remontées mécaniques et des milliers de spatules qui les empruntent chaque jour, le ski prend une autre dimension. Et se confond étrangement avec ce rêve de trip ultime...

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